Est-ce la fin de la psychologie analytique ?

Par Betty Sacco German, Samira Richer-Villar
Français

Cet article explore la crise de la psychologie analytique déclenchée par le décalage entre la nature de l’approche jungienne et les tendances collectives occidentales. Alors que la psychologie des profondeurs est centrée sur le dialogue entre le conscient et l’inconscient pour éclairer la singularité de l’individu, l’épistémè du monde occidental s’oppose à la nature même de la voie jungienne de deux façons. La première est la vision de la psychologie en tant que science mesurable qui a un objectif curatif ; la seconde est le fait que l’Occident expérimente le monde comme une réalité en forme de réseau qui met en avant multiplicité, superficialité, réversibilité, et rationalisation. Pour tenter de survivre dans un monde qui s’oppose à sa nature, la psychologie des profondeurs s’est efforcée de répondre aux exigences sociales ce qui a eu pour résultat un clivage entre la théorie et la pratique, la première s’occupant des faits objectifs, la seconde incluant les faits subjectifs. Si la psychologie analytique perpétue ce clivage, elle court à son extinction. Pour vivre, elle devrait assumer son rôle d’ombre collective et exprimer les valeurs que la conscience collective contemporaine a refoulées dans l’inconscient.

Mots-clés

  • Coagulatio
  • Épistémè
  • Modularité
  • Ombre
  • Postmodernisme
  • Psychologie des Profondeurs
  • Réseau
  • Sublimatio
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