Dépression, l’ombre du désir
Ce que nous appelons dépression est interprété par l’auteur comme une transformation historico-anthropologique de ce qu’on appelait autrefois la mélancolie. Elle est donc, ici, considérée comme un syndrome lié à la culture, dont les racines se trouvent dans l’échec de la révolution contre l’effondrement de la figure du père, responsable des catastrophes de la première moitié du xxe siècle. Dans sa tentative de dépasser le père surmoïque castrateur freudien, le sujet postmoderne a régressé vers la grande mère. Ce faisant, il est devenu le sujet tragique et narcissique qui, lié au consumérisme post-capitaliste, ressent le besoin d’être constamment nourri oralement et admiré. Cet état de fait revêt un caractère profondément anomique, car il favorise des désirs dénués de sens et, par conséquent, la dépression. Ainsi, le sujet contemporain a perdu, non pas un « objet », mais le sens progressif des valeurs éthiques qui ne relèvent pas du domaine de la grande mère, mais de celui du père.
- Dépression
- Désir
- Éthique
- Infantilisme
- Narcissisme